vendredi 4 juillet 2014

Envie d'une éclaircie

Lundi je me poserai un peu.
Lundi peut-être j’arriverai à terminer le post que j’efface pour la quatrième fois. Il est parfois tellement difficile de mettre à plat les mots qui se bousculent.
Comment essayer de faire du clair avec du confus. Depuis une semaine nous savons que nous ne saurons pas tout de suite quel est la teneur de l’aménagement de peine de Samuel. Encore de longs mois de doute. Moi qui avais cru que la comparution immédiate était la peine immédiate… Je dois avouer que je suis perdue et n’y comprends rien.
En attendant, mon fils vit, pratiquement comme si rien ne s’était passé. Il va travailler chez son père tous les jours. Le soir il rentre, prend sa douche en chantant à tue-tête, puis il sort faire un foot avec des potes, et rentre en fin de soirée. Il passe de longs moments dans sa chambre à câliner moshi moshi en lui sussurrant pleins de mots doux…. Il prend soin de sa belle peau noire, de ses cheveux… Je pense à la victime … a-t-il lui repris une vie normale ? Sort-il à nouveau ? Puis je pense à Vims, l’ami de Sam, en prison depuis plus d’un mois déjà. Je suis triste que le petit garçon que je voyais arriver à l’école de bois avec sa cape de Batman, et qui ses parents avaient sauvé d’un orphelinat du Sri Lanka, se retrouve au fond d’une cellule de prison, avec autant de révolte et de violence au fond de lui.
Je suis triste de tout ceci.
Il m'est difficile pour l'instant de passer à autre chose. 

9 commentaires:

  1. Il y a longtemps que je ne venais plus sur votre blog car il était au repos. Aujourd'hui, pour quelle raison ? , je suis repassée. J'ai lu avec attention vos trois articles. Que vous dire sinon que je me mets à votre place - d'autant mieux que moi aussi j'ai un fils qui a l'âge du vôtre - et que j'imagine la détresse qui est la vôtre. Je vous souhaite d'avoir la force nécessaire pour traverser cette épreuve et reprendre votre vie active. Bon courage.

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  2. Désolée Chantal, je crois avoir effacé votre commentaire. Vous pouvez le remettre si vous voulez. Je vous remercie en tout cas pour votre soutien. Je crois que vous me parliez d'avocat, mais nous n'en avons pas. L'avocat auquel j'avais parlé était l'avocat de la victime. Quand à l'avocat commis d'office, c'est lui qui m'a dit qu'il allait aller parler à mon fils après le verdict et qui n'y est pas allé du tout. Je crois bien qu'il n'y a pas moyen de communiquer avec le JAP. Je vais essayer de voir avec une maison de la justice ou une association qui pourrait peut-être nous aider... Je réfléchis beaucoup à tout ça.
    Merci à Anonyme pour les mots de réconfort

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  3. Je voulais te dire : ta détresse me touche beaucoup, car j'ai connu la même. Et aussi, c'est pas un délit d'homophobie, c'est un débordement de violence extrême dû à la drogue et à l'alcool. Bien sûr, ça n'excuse rien, c'est juste pour replacer les choses dans ce qu'elles sont : pas des valeurs qu'il n'aurait pas, mais un grand besoin d'aide au regard de ses addictions.
    Il n'envisage pas d'écrire à la victime pour présenter des excuses et demander de ses nouvelle ? Être capable de dire qu'on est désolé, c'est déjà beaucoup.
    Il y a bien sûr un moyen de communiquer le JAP : tu peux lui écrire, et tu peux demander un RV seule ou avec ton fils pour avoir des précisions.
    Pour l'instant, ton fils semble ne pas réaliser. Souvent, le cannabis aidant, ils ne sont pas dans le principe de réalité. Mais quand la peine va entrer en application, il se peut que le rappel à la loi soit un très bon tiers médiateur.
    C'est une chance qu'il ne soit pas incarcéré : la peine sèche c'est pas bon, et surtout, on apprend en prison tout ce qu'il faut pour devenir un parfait délinquant. Il sera suivi par le SPIP (insertion et probation), mais ils sont surbookés. Si tu n'arrives pas à avoir des précisions par le JAP, essaie avec le SPIP.
    L'avocat commis d'office, même s'il n'a pas été voir ton fils ensuite, tu peux le recontacter, c'est son boulot. Mais je te conseille de lui proposer de payer des honoraires en plus. C'est malheureux à dire, mais ça les motive plus...
    Après tout ça, quand il n'aura plus le bracelet, n'y a-t-il pas moyen de l'éloigner? Qu'il parte faire un boulot utile à l'étranger, loin de ses fréquentations habituelles, et surtout qu'il se prouve à lui-même qu'il est capable de faire quelque chose sans dépendre de vous. J'ai remarqué que ça leur semble insupportable, angoissant, cette idée qu'ils ont encore besoin de nous.
    Mon propos est un peu décousu, mais souviens-toi : ça ne sera pas toujours aussi dur. Un jour vous regarderez derrière et tout cela sera loin. C'est ce qui s'est passé pour nous et je vous souhaite de l'énergie, de la patience et de l'aide.

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  4. Merci Coline,
    Je vais me renseigner pour le SPIP.
    Samuel a fait un courrier à la victime, très bref parce qu'il a du mal avec l'expression de ce qu'il ressent. Mon bon il l'a fait. Je sais bien que la prison n'est pas un endroit pour lui ? Il s'y perdrait car il est très influençable. Mais la prison n'est un endroit pour personne... Mais pendant un an il aura cette épée de Damoclès au dessus de la tête. Et j'ai l'impression qu'elle est aussi au-dessus de la mienne. En septembre il commencera son apprentissage ce qui était prévu depuis longtemps. Par chance il travaille chez son père et son acte n'a pas compromis leur projet.
    Je voudrais surtout renouer le contact avec lui, et qu'il puisse comprendre que je ne suis pas son ennemie.
    J'espère qu'un jour nous aurons une relation plus apaisée et surtout qu'il trouvera une voie plus sereine et plusd e confiance en lui et en la vie.

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  5. Très bref c'est déjà bien.
    Il y a des gens qui se réparent en prison, mais c'est particulier, et c'est pas fréquent.
    N'aies pas peur de cette épée au dessus de sa tête : c'est le rappel à la loi qui lui manque.
    L'apprentissage, c'est un beau projet. S'il le souhaite, il pourra partir après, il y a plein de programmes de mobilité européens, et il y a aussi le compagnonnage.
    Avec mon fils, j'ai eu beaucoup de mal à garder la communication, il me rejetait, c'était terrible, surtout après que j'ai refusé la mesurette de composition pénale proposée par le délégué du procureur (il était mineur au moment du délit). C'est comme ça qu'il a eu son épée aussi... Alors je lui écrivais. Des choses simples. Que je l'aime, mais que je n'accepte pas son comportement, car aimer n'est pas tout accepter. Que je voulais qu'il s'éloigne, mais pas pour le rejeter, et qu'il aurait toujours un toit au-dessus de sa tête et une assiette à table, et tout mon soutien. Mais qu'il y a des règles et que j'attends qu'elles soient respectées.
    Je crois que ça l'a aidé de se raccrocher à quelque chose d'écrit. C'est son père qui lui donnait les lettres et s'assurait qu'il les lisent. Sinon, il les déchirait devant moi.
    tout ça est derrière nous maintenant, mais que ça a été long, pénible, triste et énergivore.
    J'espère que ces mots, ça te dit qu'il y a une petite lumière au bout.

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    1. Ca me fait vraiment du bien de lire ce que tu écris là. Parce que tu es passée par ce chemin là aussi. Dans ce blog je raconte un peu ce qui se passe depuis des années avec Sam. Pour faire bref, depuis deux ans , je tente des choses et souvent seule contre tous. Si tu remonte à deux ans à la même époque à peu près, c'est là qu'a eu lieu le décrochage avec le milieu scolaire. Le lycée m'a téléphoné un jour pour me dire ne l'envoyez plus s'il vous plait. Alors que début mai, j'avais moi-même proposé une déscolarisation et surtout un éloignement du milieu familial, et surtout de ses potes. Mais pas pour qu'il ne fasse rien, j'avais décidé de l'envoyer travailler chez ma soeur vers Montpellier. Ca paraissait compliqué pour le proviseur. Donc il a du revenir en cours, et au bout d'en semaine tout à coup on me demande de le sortir du lycée. Et là, j'ai dis qu'il fallait d'abord le virer. Mais c'était le mois de mai et on ne fait pas de conseil de discipline en mai... Fin juin il a fait ses bagages pour Montpellier. C'aurait pu être bien, mais il n'est pas resté là-bas assez longtemps pour redresser la barre. Aucun soutien paternel pendant des mois. Et une belle-mère qui refuse que Sam vienne chez elle. Un père faible, qui parfois voudrait des choses mais ne sait pas tenir tête à sa nouvelle femme.
      C'est "rassurant" de voir qu'on dit toutes les mêmes mots, d'amour, qu'on est déchiré de la même manière.
      Mais surtout de savoir qu'un jour c'est loin derrière, et que peut-être il fallait passer par ce chemin là.
      Merci

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  6. Quand le père est faible, le rappel à la loi, par un juge, le remplace dans son autorité.
    Mon ex-mari est très, très faible aussi. Il me disait toujours que j'exagérais, que je voyais le mal partout, que tout le monde fume, etc. Quand il a vu celui-là se mettre vraiment en danger, rentrer blessé plusieurs fois, j'ai été très dure. Je lui ai demandé s'il allait enfin faire ce qu'il fallait, ou s'il préférait venir le voir au parloir, voire au cimetière. Il est faible, mais il aime beaucoup ses fils. Il a fait ce qu'il fallait : être là, dire non, le prendre chez lui (même configuration que toi) quand c'était trop insupportable chez moi.
    Mais si tu es divorcée, tu as peut-être un jugement qui attribue la garde et le partage d'hébergement. Moi je l'ai ressorti : les adultes aussi, parfois, ont besoin d'un rappel à la loi... Il n'appartient pas à une belle-mère de s'opposer à l'application d'un jugement, et moi, perso, j'étais prête à aller devant le JAF.S'il le prend pour travailler, c'est bien à cause de ça.
    Mais en revanche, il reste encore dans la dépendance de sa famille. Et je crois que ces jeunes ont besoin de quelque chose de plus grand qu'eux pour trouver leur place.
    Avant mon poste actuel, je travaillais en classe relais, pour les décrocheurs... Je travaille encore avec le PRIAQ (les décrocheurs de plus de 16 ans), et je croise aussi dans la rue certains de mes anciens élèves -"de la graine de voyous" d'après mes collègues il y a quelques années-. Ils s'en sont très bien sortis. Et ils avaient pas toujours tiré la chance question famille...
    C'est désolant que le lycée l'ait viré de cette façon. Mais je n'en suis pas étonnée... Heureusement, on peut grandir et se réaliser hors de l’Éducation nationale, qui n'est pas, hélas, le lieu de l'épanouissement de l'estime de soi.

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  7. Pas grave mon commentaire effacé.
    Je suis très heureuse de lire vos échanges ac Coline à qui j'avais pensé mettre un mot lui demandant de passer chez vous car j'étais sûre qu'elle pourrait vous aider et puis, bêtement, je n'ai pas osé. Mais cela s'est fait quand même et cela fonctionne. Je vois votre bienveillance, votre attention, votre sincérité, votre implication, votre intelligence, la tête et le coeur, à toutes deux. Merci à vous d'être qui vous êtes, de vous accrocher, d'accompagner, soutenir, encadrer, aimer.
    Je vous embrasse.

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  8. Merci Coline, Merci Chantal. Finalement on trouve parfois plus d'empathie et de compréhension de la part de personnes que l'on ne connait pas.

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