mercredi 7 décembre 2011

Fish moi la paix !!!!


Pour les courageux, ou ceux qui m’aiment quoiqu’il arrive, je continue mon histoire de pêche.
Ca commence par le poisson qui vient tout seul mordre à mon hameçon.
Je crois que j’ai oublié son pseudo.
Ah si ! je sais, c’est même pour ça que j’ai répondu… Le nom d’un roi mage. J’adore les prénoms bibliques et mon chat préféré s’appelait Balthazar. Comme j’ai l’esprit d’escalier en colimaçon, j’ai consenti à parler à cet homme au pseudo de roi mage et de mon chat.
En plus il avait envie de discuter, de chatter quoi…
Et c’est ce que je cherchais, un chatteur.
Y’avait pas photo mais il m’a proposé aussitôt de m’envoyer la sienne sur ma boîte mail. Why not ??? Un peu fébrile, j’ouvre le fichier et c’est bien un peu le genre d’homme qui me séduit. Regard vert derrière lunettes, cheveux gris, pas trop rasé, et en tee-shirt blanc. Je vais donc creuser un peu, au cas où le poisson serait plus intéressant que prévu… Ben après tout , on ne sait jamais…
Le chat démarre un peu en mode diesel. Questions un peu ennuyeuses, le pseudo n’a pas fait mouche, mais bon soyons un peu patiente madame va pieds nus. Lui, semble plus emballé que moi par la conversation.
Petit bug lors de la conversation suivante, avec une blague qui me laisse sans voix. Un genre de truc qu’il doit dire à toutes les femmes. Comme je n’accroche pas, il passe à sa vie perso. Il est veuf. Il bosse dans un secteur genre aéronautique dont il ne peut pas trop parler. Moi, je peux parler de mon boulot, donc je prends les rènes de la conversation pour le saouler du bonheur d’être narkeotraffikante.  L’hameçon semble bien incrusté jusqu’au moment où nous abordons le sujet de ce dont j’ai envie. Je parle de ma liberté que je ne veux pas perdre, de ma vie comme je l’ai choisie qui me convient à quelques détail près. Tout semble synchro. Quoique, je dois recentrer régulièrement sur les centres d’intérets, les hobbies, la vie quotidienne, alors que lui semble voir le recentrage plutôt sur la taille de mes seins, et mes pratiques sexuelles... Je me sens partir dans une mauvaise direction. Je suis la fille donc je suis claire donc je mets les mots sur les idées. " Un plan cul, pourquoi pas ? Mais soyons clairs ..."
 Là, Mossieu le roi-mage, fait l’offusqué. "retire ce mot tout de suite" . Déconnexion.
Je ris dans mon canapé jaune. Les zhommes n’aiment pas que l’on leur mette le nez dans leur caca. Le Fish, me dit que j’ai l’air directive, et d’avoir mauvais caractère…
Communication coupée. Plusieurs jours. Puis retour la queue basse. Au lieu de blablater, il veut me rencontrer, il n’est pas très bavardages. Ca tombe vraiment mal. Moi je le suis. Et pour tout dire, je suis un peu collée à mon canapé jaune, et pas en superforme pour une rencontre surtout si elle devait tourner …long.
Je propose de continuer les chats en attendant mon rétablissement. Ainsi fut fait.
Pas folichons les chats. Où sont-elles les envolées de mots, les concours de phrases échevelées, qui m’avaient amenée vers cet homme il y a quelques années. Ces échanges plein d’humour, d’amour, d’envies. Stop va pieds nus, il faudrait faire un jour ton deuil de cette histoire qui t’a rendue si heureuse et aussi si malheureuse. Il paraît que si tu veux, tu peux passer à autre chose. Donc contente-toi d’un chat normal. Tu vois ce que c’est normal ? Non ?!?
Le Fish finit par accepter MON rythme. Un bon mois plus tard, une rencontre se profile, juste pour ne pas juger sans savoir. Agenda en main, je programme une première entrevue, en journée, en terrain neutre, genre café ou restau, histoire de pouvoir m’échapper en courant en cas de malaise.
Premier contretemps, le matin du rendez-vous, le Fish est malalde. On reporte au week-end. Second contretemps, le week-end. Le Fish est à l’hôpital, intox alimentaire. On reporte à la semaine. Troisième contretemps, on ne trouve pas la racine du mal, il reste hospitalisé. Bon en même temps, ça ne me contrarie pas plus que ça. Pendant ce temps ma lombalgie s’éloigne. Ca fait un peu « couple » d’éclopés cette histoire… C’est peut-être ça vieillir.
De contretemps en contretemps, nous arrivons à un jeudi de la fin du mois d’octobre. Finalement, la rencontre aura lieu chez moi, il n’ a pas l’air d’un serial-killer ce fish là. Préparation du terrain, parfumage, épilage, coiffage, mettage d’ordre dans la casa. Tout est OK. Le dos c’est bon, et le reste aussi. Sauf le Fish. Un rendez-vous professionnel qui tourne mal, et le voilà bloqué à Bayonne pour une durée indéterminée. Bénéfice net : Je suis nickel côté épilation, ordre dans la casa, c’est toujours ça de gagné.
Je laisse le Fish à ses contretemps qui ne me font ni chaud ni froid. Après tout que ce soit vrai ou pas je m’en contrefous.
On appelle ça du faux départ, du vrai-faux-départ.
Le fish s’emballe un peu. Il m’appelle ma chérie dans tous ses sms… Il me fait un petit mot tous les matins et me tient au courant de l’avancement de son travail. C’est passionnant.

Il était une fois, donc, finalement, une veille de la Toussaint où ce fut LE jour. J’avais même quitté le boulot à l’avance. Pour prendre un petit bain, et refaire une préparation de terrain. Pas de raté ce jour là. Mon interphone sonne à l’heure convenue.
Première impression, la photo était un peu... disons... ancienne certainement. En tout cas, sous le tee-shirt blanc, quelques kilos étaient bien cachés. Clairement je préférais la photo. Le fish est fort sympathique dirons nous. Il bavarde, pose des questions mais se raconte peu. Il ne boit pas, je lui propose  un café, une boisson, un jus de fruit. Rien. Il vient s’asseoir près de moi et m’embrasse agréablement. Comme il est fort, je me sens rassurée contre lui. Presque bien. Dans ma tête une phrase fait leitmotiv : « Pense au moment, rien qu’au moment que tu vis… » Il est vrai que depuis plus d’un an, je n’ai pas senti un homme contre moi. Avril 2010. La dernière fois que j’ai passé un peu de temps avec mon ami-amant…

Je crois que c’est la première fois depuis mon divorce, que je m’ennuie dans un lit avec un homme. C’est aussi la première fois que je suis obligée de demander à un homme d’enlever ses chaussettes…. Habituellement soit il le fait lui-même, soit je suis trop excitée pour le voir… Mais là, avec le vieux boxer usé, ça a un côté rédhibitoire…  D’autant plus, que le fish est dirons nous très… impressionné et perd un peu ses moyens. Bon je ne vais pas faire le détail mais c’est un des plus mauvais coups que j’ai connus. Je crois bien qu’il peut entrer dans le palmarès direct. Ca me rappelle mon ennui avec Ken. Et ça c’est tout ce qu’il ne me faut pas. Je passe sur cette question en pleine action que j’ai crue entendre… « Ca fait longtemps que t’as pas baisé ? » Top classe. Ca, ca mérite un carton jaune, voire rouge. Je n’ai même pas répondu.
Bon, quelques petites minutes plus loin, ré-enfilage des chaussettes, il doit être frileux des pieds… Ré-enfilage du boxer. Il n’y aura donc qu’un passage.
Sincèrement je pense qu’il n'y en aura pas d’autre. Fish à usage unique.
Je me suis d’abord dit que je lui donnerai une seconde chance… On n’est pas toujours au mieux de sa forme.
Un mois après, il continue de m’envoyer des sms sur son emploi du temps quelquefois. Histoire de se dire que l’hameçon est encore dans la joue.
Je fais comme les hommes, je ne réponds pas.
J’ai vu deux jours après que la semaine dernière il tentait un chat sur msn. Hier soir, il a encore essayé. Très empressé. J’étais un peu absente. Ca l’a mis en colère et j’ai eu droit à un début de scène. Ca m’a fait beaucoup rire… 
On va décrocher cet hameçon vite fait et remettre le Fish à la mer.
Allez, nage petit fish...










1 commentaire:

  1. Un fish qui ne retrouvera peut-être pas la mer...
    En tout cas, votre ton alerte m'a fait sourire.
    GBalland

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