vendredi 31 juillet 2015

Je ne t'écrirai plus

C'est vrai, ce n'est pas une surprise, j'ai du mal à raconter depuis un bon moment déjà. Pourtant c'était une grande partie de ma vie. Mettre des mots sur les émotions de la vie. Mais là, le grand déballage est terminé. Je n'y arrive plus. Plus ici en tout cas. 
Le tsunami qui a eu lieu dans ma vie il y a juste un peu plus d'un an, a laissé trop de traces. Plus rien  n'est comme avant ce matin de mai. J'ai essayé pourtant. 
Oublier, parler d'autres choses, faire semblant, venir, ne plus venir, écrire, ne plus écrire. 
J'irai peut-être écrire ailleurs, d'autres choses. 
Ce que je découvre aujourd'hui est si dur. 
Tout a été si long et si différent de ce qui se profilait il y a un an.
Mon fils est finalement en prison. Juste du vendredi au dimanche. Le reste du temps je lui ai trouvé une structure d'accueil et de réinsertion, mais je suis loin d'être rassurée et certaine de l'issue des mois qu'il y passera. 
Je me suis sentie seule pendant cette année. Seule à chercher, seule à pleurer, seule à me battre, seule à essayer de parler, d'aider.
Voilà. C'est ainsi. La vie continue différente. 
Quand on me parle des mes enfants aujourd'hui, il y a comme un silence. Une hésitation. Dire ou ne pas dire. Regarder l'autre en face et sentir la gène tellement souvent. Se taire, esquiver, mentir. Non, ne jamais mentir, tant pis pour le jugement. 


11 commentaires:

  1. J'imagine ce poids que vous devez sentir peser et votre solitude. Et votre fils, lui, comment ressent-il cette peine de prison ? Vous semblez dire que les mots vous quittent - où vous ont quittée - pourtant là vous ouvrez une nouvelle page et sans doute est-ce le moment de reprendre la plume, pour vous, afin de vous dire ce qui vous chagrine et vous pèse.

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  2. Il ne m'en parle pas vraiment. Je le vois une heure au plus le vendredi quand il rentre de son centre et qu'il part à la prison. Comme je travaille je ne peux pas toujours être présente pour l'apercevoir. Il est stressé. Le dimanche soir il revient vers 20 heures, il est affamé et énervé. Il n'a pas envie de parler. Mes questions l'agacent. Je sens que tout ça ne lui apporte rien. Je suis la seule qui puisse l'écouter mais il n'est pas pret à me parler. J'ai souvent le sentiment que ce n'est pas encore ce qui l'aidera mais je n'ai plus di'dée.

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  3. Je n'ai jamais trouvé que la prison était une solution, un psy peut être après, il ne peut pas te parler, tu es sa mère..

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  4. Il a fait une connerie.
    Et je ne suis pas sûr que la punition qu'il subit le rendra meilleur.
    Pour ce que j'en ai lu et entendu, je pense même le contraire.
    Comme Heure-Bleue, je pense qu'un psy serait plus efficace.
    "Il faut juste" qu'il veuille bien en voir un ou une...

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  5. Méli-Mélo, le tsunami, je comprends très bien.

    La solitude que tu évoques, beaucoup moins. Certaines personnes, dont je suis, t'ont témoigné de l'intérêt sur ton blog. Peut-être aurais-je/aurions-nous dû aller plus loin et t'envoyer des messages perso. Hélas, il n'est pas toujours simple de se montrer disponible sans crainte que cela passe pour de l'ingérence.

    Mais bon, nous ne changerons pas le passé.

    Parlons du présent. Tes questions agacent ton fils et toi tu souffres de ce manque de communication. Je te conseille de t'intéresser à la communication non violente (CNV). Notamment pour apprendre/développer la communication bienveillante.
    Peut-être que tu connais ça mieux que moi, ou au contraire que tu te fais des idées fausses sur le sujet, et mes propos t'ennuient.
    Si ce n'est pas le cas, je suis disponible pour en parler plus avec toi.

    Magali

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    1. Je ne connais pas la communication non violente je vais me renseigner. Concernant la solitude, j'ai reçu ici le soutien de personnes inconnues bien plus parfois que de proches ou soi-disant proches. J'ai eu aussi des soutiens touchants et inattendus. Merci à toi en tout cas pour les petits mots

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  6. C'est une constante, tous les gens qui traversent des difficultés voient certains de leurs proches s'éloigner. Parce qu'ils (les proches) ne savent pas quoi faire et que souvent celui qui a des problèmes est incapable d'exprimer ses besoins.
    Les proches imaginent qu'ils n'ont pas les compétences pour aider. Il faut pouvoir leur dire que leur simple présence, leur bienveillance silencieuse est déjà une très bonne chose. Quand on n'a pas le dos coincé ou une jambe cassée on n'a pas besoin que nos amis portent nos sacs de course ou une bouteille de gaz. Mais on peut avoir besoin qu'ils nous aident à porter le fardeau moral.

    Pour la CNV, tu peux commencer par lire l'ouvrage principal de son concepteur (Marshall Rosenberg) : "Les mots sont des fenêtres (parfois ce sont des murs)". Pour ma part, je débute, mais ayant eu un père très violent en paroles ça m'a déjà beaucoup apporté.

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  7. Ah, j'oubliais : je ne suis pas d'accord avec heure-bleue. J'aurais tellement aimé pouvoir parler avec ma mère quand j'étais ado.

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  8. Merci à la personne qui m'a écrit un mail que j'ai détruit par erreur. Peut-elle me le renvoyer si elle repasse ici ? Merci

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  9. Bonjour Méli-mélo,
    Depuis longtemps, je veux vous faire signe et puis, j'hésite, je ne suis pas sûre et ne le fais pas.
    Je pense à vous, avec tendresse, comme à d'autres histoires humaines. Il y a quelques jours en commentaires du post du 16 février de Pensées by Caro, le n° 47 vous cherche. Je me suis dit que j'allais lui répondre en lui donnant le nom de votre blog, finalement je trouve mieux de le faire dans l'autre sens, de vous prévenir que Lilipsy pense à vous. Ainsi, c'est vous qui voyez la suite -ou pas- à donner.
    J'espère que vous vous sentez mieux même si vous n'avez plus envie de bloguer, que vous allez bien, que les relations avec vos enfants sont aussi apaisées que possible.
    Je vous embrasse.

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