jeudi 15 décembre 2011

Conte de Noël pourri-moisi qui fait pleurer...


Quand j’étais enfant je lisais tout ce qui me passait sous les yeux. Et je lisais des contes de fées aussi. Je savais bien que la robe couleur du temps c’était du pipo, je me doutais bien qu’aucun prince ne viendrait décoincer le quartier de pomme coincé dans ma gorge que j’aurais avalé sans faire exprès, pas plus que si je perdais une tong sur la plage, le garçon qui me faisait rougir au club Mickey, déclencherait des recherches interplanétaires pour me retrouver. J’avais bien compris que tout ça c’était du fl  an.
Il y a seulement une chose dont j’étais certaine, c’est qu’il n’existait pas de belle-mère aussi cruelle que celles de Blanche-Neige ou de Cendrillon. Et même si par malheur il y en avait une sur terre, il n’existait pas de père capable de leur laisser faire leurs saloperies. Parce que pour moi, il était impossible qu’un père ne soit pas fort, autoritaire et courageux. Il ne m’effleurait même pas l’esprit que je puisse un jour avoir une belle-mère.  En tout cas, j’étais certaine qu’il existait pour tous les enfants un rempart de protection contre les belles-mères : leurs pères….
Cette idée là, je l’ai gardée longtemps.
Mais en fait c’était une erreur. Les contes peuvent aussi raconter la vérité. Et tous ces rois qui laissent leurs sales méchantes épouses envoyer leur fille moisir avec des nains au fond de la forêt, ne sont pas que des lâches, des lavettes, et autre qualificatif pitoyable.
Il était une fois… Il y a dix ans… Un homme qui ressemblait à un père. Un vrai. Il savait montrer les dents quand on touchait à l’un de ses trois enfants.  Un homme-rempart.
Quand il a rencontré la belle-mère de ses enfants, c’est en toute confiance que la mère demanda une garde partagée. Tout allait bien se passer. Puisque tout le monde avait ce qu’il voulait.
Il fallut quelques semaines à peine pour que l’homme-rempart devienne un homme-rampant. La belle-mère devait avoir une sacré baguette magique. Une qui te retourne une crêpe et lui fait faire trois saut périlleux arrière plus trois avant et la pose dans ton assiette avec le Nutella tartiné sans même la toucher. Donc en quelques semaines le père rempart  proposa à ses trois enfants encore bien jeunes d’appeler la belle-mère maman, et lui donna tous les pouvoirs qu’il n’accordait plus à la maman. Cette dernière dut se battre bec et ongles pour ne pas se laisser anéantir. Depuis bientôt dix ans, elle a pleuré, crié, répondu aux coups et en a donné aussi.
Les trois enfants ont grandi.
La baguette semble toujours aussi active et efficace. Le souvenir du père-rempart reste dans la mémoire des trois enfants. Et de leur mère. Ils ne parviennent pas à comprendre qu’il soit tombé sous la coupe de la belle-mère.
Un jour, il n’y a pas longtemps le père a versé des larmes le jour de son anniversaire, car il manquait sa grande fille autour de la table. C’est triste.
Il y a quelques temps, la mère a tiré la sonnette d’alarme. Le père allait perdre ses enfants à force de laisser la belle-mère faire tout ce qu’elle voulait. Il n’a pas voulu entendre.
La semaine dernière la plus jeune des enfants a raconté à sa mère toutes les horreurs que la belle-mère avait dite sur elle. C’était la centième fois. Mais là c’était plus que terrible, c’était écoeurant. Le père avait laissé dire. Son fils avait laissé dire. Seule la plus jeune fille avait essayé de défendre sa mère et avait été punie.
Hier matin la jeune fille est arrivée en larmes chez sa mère. Encore une dispute. Le père lui-même avait demandé à sa fille de quitter la maison et d’aller vivre avec sa mère. Il ne souhaitait plus que la jeune fille vive sous son toit, car sinon il allait divorcer. La jeune fille était si triste que son père ait cédé aussi facilement à la demande de la belle-mère. Elle était en pleurs.
Dans la journée la mère a appelé le père pour comprendre mieux ce qui se passer et lui dire à quel point sa fille était triste.
Le soir même, personne, ni la fille, ni la mère ne reconnurent cet homme qui vint sonner chez elles. Tout petit, ratatiné, triste, perdu, démolli par ce qu’il était entrain de faire. Essayer d’expliquer à sa fille que son couple était en péril, que … « Tu me comprends, je ne peux pas laisser mon couple se détruire parce que vous ne vous entendez pas. Il ne faut plus que vous vous voyez. Il faut que tu restes avec ta mère. Tu me comprends ???? »
Il en a profité pour annoncer que l’effet de la décision était immédiat, que non ce n’était pas la peine qu’elle vienne ce week-end, et non, pas la peine qu’elle vienne non plus pour les vacances. Juste dimanche matin il viendrait la cherche car elle aurait 14 ans ce jour-là, et on « fêterait » son anniversaire. Il la ramènerait le soir même…
Puis il a attiré sa fille dans un coin avant de partir pour lui demander encore de le comprendre, la prier de revenir un jour, et de ne pas lui en vouloir. Il a finir par dire dix fois qu’il l’aimait.
Quand la jeune fille s’est jetée dans les bras de sa mère en sanglotant, la mère a pleuré aussi tant elle trouvait ce qui venait de se passe pitoyable et terrible. Et tant elle avait de peine pour ses enfants qu’ils n’aient pas la chance d’avoir l’image d’un père-rempart pour se construire.
Dans les contes de l’an deux mille rien n’est différent des contes d’antan… Les belles mères sont pourries, les pères sont lâches et les enfants font les frais de tout ce merdier.

7 commentaires:

  1. Vilain conte en effet !
    Les bras m'en tombent et les larmes aussi. Homme lâche et veule que cet homme là que je n’appellerai pas père. Désolée,Monsieur, je ne juge pas souvent les gens, mais....Même lorsqu'on est perdu, même si l'on veut sauver son couple, traiter son enfant de cette façon là n'est pas tolérable. Il faut donc que cela soit sa fille qui se montre adulte et accepte les faiblesses de ce couple Mattel qui ne résistera pas à l'adolescence? Madame Mattel est une bien pauvre personne de se venger ainsi sur une enfant. Miss TDC3 va devoir grandir plus vite que prévu...tant pis pour toi papa Mattel qui n'accepte pas la différence et la discussion qui fait grandir chacun. Je crois Miss Mélo que tu avais fait le mauvais choix avec ce Ken , il t'a fait une fille superbe cependant, c'est le seul merci que tu lui dois. le conte de Noêl est ailleurs. Il est dans cette fille qui t'aime et te défend, il est dans tes enfants qui te reviennent, il est dans l'amour que nous te portons. .....(N'oublie pas de me laisser ton adresse au passage et ton numéro de fixe) Bisous ma belle.

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  2. Finalement ce n'est pas un père, ce n'est qu'un géniteur !
    Placer ses spermatozoïdes est à la portée du premier venu.
    Se charger de la suite est d'une autre envergure.
    Au lieu de lui dire qu'il l'aimait, il aurait mieux fait de lui prouver, ça lui aurait évité de se déconsidérer tout seul.
    Quel dégonflé !

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  3. J'en ai des frissons... C'est tellement moche !

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  4. Pfff, dommage qu'elle soit sans doute trop jeune pour comprendre qu'il vaut mieux en effet s'éloigner de ce père-là. Et heureusement qu'elle peut malgré tout pleurer dans les bras de sa maman.

    Fêter son anniversaire après ça ? Il faut oser tout de même...

    Courage à toutes les deux, parfois il faut se contenter d'un seul rempart. Parfois même il n'y en a pas. C'est la vie. A 14 ans il est bien trop tôt pour s'y heurter malgré tout...

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  5. Je viens de faire une fausse manip et de supprimer un commentaire avec une référence de bouquin, si anonyme pouvait me la remettre. Je ne l'offrirai pas au père car il n'a jamais lu et je ne sais pas s'il pourrait comprendre un message quel qu'il soit. Mais moi la référence m’intéresse. Vous pouvez la remettre s'il vous plait si vous repassez par là.

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  6. Je reviens pour vous donner le titre du livre. J'espère que vous avez passé un bon Noël malgré tout. Il s'agit d'un livre de Jean Paul Dubois "le cas Sneijder" mais je crains qu'il ne vous soit d'aucun secours, sauf à vous montrer que le papa n'est pas une exception. C'est un livre à donner à tous les pères qui démissionnent!!
    Je vous souhaite à tous les cinq une années 2012 plus sereine.

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  7. Merci pour la référence, j'ai juste écouté cet écrivain un matin et je me suis doutée que c'était lui. C'est moi qui lirai le livre le père est absent de tout, et il ne faut pas compter sur lui non plus pour la culture...

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