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samedi 1 septembre 2012

Se réveiller enfin...


J’ai dormi longtemps. Je m’éveille comme la Belle au bois dormant de cent ans de sommeil… Depuis de longues longues années, j’avais oublié les petits matins calmes et silencieux. J’avais oublié la fraîcheur du jour qui se lève. J’avais perdu le goût de thé pris en silence quand toute la famille dort encore, malgré l’odeur des tartines de pains qui grillent. Depuis si longtemps je me perdais dans des grasses matinées éreintantes. Sans la conscience de ce qu’elles représentaient vraiment. Depuis si longtemps mes nuits n’en finissaient plus. Enroulée dans ma couette, je n’ouvrais les yeux que pour les refermer et m’endormir à nouveau–souvent à moitié. Vers midi, la matinée terminée, je me levais enfin, plus fatiguée que la veille. Je savais que la moitié de la journée était déjà derrière moi. Je sais que j’avais économisé un repas, que j’avais fui le vide de ma vie pendant au moins quelques heures, fui la peur du lendemain, la peur de idées les plus sombres. J’avais fini par ne plus en avoir la conscience. Parfois, souvent même, après un petit repas vite avalé, j’ai fini par aimer faire de longues sieste l’après-midi, devant la télévision allumée sur des émissions sans queue ni tête. Parfois, j’arrivais à me plonger dans d’autres vies, celles des romans, celles des bloggueurs, celles qui me faisaient oublier mon existence. J’ai dormi pour fuir, pour ne pas voir le temps qui passe.

Ecrire m’a sauvé l’esprit. Ecrire m’a permis de dire, en évitant de savoir qui me lisait, de dire une douleur immense. De faire sortir de moi une souffrance, peut-être parfois avec beaucoup d’impudeur. J’avais décidé que c’était ce qui me sauverait.

Je n’étais pas malade. Juste mal. Juste pauvre. Juste sans deux sous dessus.

J’aurais voulu me dire que l’argent ne fait pas le bonheur, car non il ne le fait pas. J’aurais voulu avoir assez de grandeur d’âme et d’esprit pour l’accepter. En même temps il n’était plus question de bonheur, mais juste de vie. L’argent non, ne fait pas le bonheur, mais qui sait la terreur de voir son enfant tomber malade, avoir faim, en se disant qu’on a les poches vides, ultra vide et que manger et se soigner, ce minimum vital, passe forcément par la case payer ??? Seul peut le comprendre celui qui l’a vécu. L’autre celui qui ne l’a as vécu, peut l’entendre, mais ne pourra jamais imaginer, quelle panique intérieure, quel désespoir, quelle envie de faire des conneries cela provoque. Celui qui ne l’a pas vécu ne peut souvent même pas l’imaginer. Et c’est tant mieux pour lui.

Ici et maintenant, tout est terminée de cette période. Il y aura la cicatrice. Longtemps.

Pierrot de la lune et Mamamia, avaient une maison. Elle est vendue. Enfin. C’est toute une histoire. Je ne me sens pas prête à en parler ici. Je ne m’y autorise pas. Peut-être la honte que finalement, ma vie va changer, juste grâce à ça. Il a suffi de ça, pour que je recommence à me réveiller le matin quand le jour se lève à peine.

 Pour qu’après trois ou quatre matins, où j’ai posé mes pieds nus sur le carrelage, et où j’ai laissé ma journée s’installer sans la fuir, je réalise que quelque chose était différent… Juste parce que j’ai pu aller acheter du beurre frais, de la confiture, du bon pain frais et du thé avec un vrai goût de thé, et que j’allais pouvoir les déguster en silence en me demandant ce que j’allais faire de ma journée.

Juste parce que devant mes tartines, je me dis que je vais pouvoir prendre le bus, ou ma voiture et aller flâner dans la ville, prendre un verre en terrasse, m’acheter un crayon et un carnet, sans me demander ce que je devrais sacrifier chez lidl en faisant mes courses de bouffe, en échange de cette folie. Juste parce que je sais que mes enfants n’auront plus faim et que désormais, je peux leur assurer une certaine sécurité.

Tout cela relève d’un matérialisme affligeant certainement. C’est la réalité.

C’est en tout cas ce qui fait que depuis quelques semaines mes enfants me voient sourire un peu plus, que quand ils se lèvent le matin, quelques heures après moi, j’ai déjà eu le temps de faire un tas de choses et que le courage m’est revenu. Mon esprit, plus léger et détendu, peut entendre plus facilement leurs soucis à eux et trouver les mots pour les aider.

Je me suis  battue longtemps et sans concession. Je n’ai cédé à aucune pression. A aucune tentation folle non plus. Mais jamais, jamais je n’oublierai ces dernières années.







mercredi 15 août 2012

Que dire ???


Je passe sur les détails. La maison de Pierrot de la lune et Mamamia est vendue. Une page se tourne. Ce n’est pas le sujet. Je veux être plus « légère »là.


En tout cas, le partage a fait que ce que je raconte sur ce blog de ma vie, si difficile ces dernières années, vient de prendre fin. Je l’espère. Je vais en tout cas tout faire pour.


La semaine dernière mon compte en banque a dû faire des triples sauts périlleux avant arrière et vrilles. 


J’avais deux comptes dans deux banques différentes. Sur le principal, salaire, charges, revolvings, en débit avant le 30 du mois, à moins 1500 le premier et bloqué dès moins 1800. Disons-le ouvertement maintenant. Inutile de décrire le stress, on en trouve des vrais morceaux entiers dans ce blog. Il en est truffé. Va pieds nus le blog avec des vrais morceaux de me…. ! 


Je pourrais maintenant expliquer comment jamais si une manne céleste ne vous tombe sur la tête, jamais on ne se sort de cette merde.


Explication pour les riches :


Tu as des emmerdes, voilà comment ton banquier va t’aider :


Par exemple, tu as reçu ta facture d’électricité, mais vu que tu es à moins 1800 tu ne peux pas payer, et vu que ça traîne depuis des mois, tu ne peux pas te chauffer alors que l’hiver arrive. Alors tu vas voir ton cofiescroc préféré, et d’un coup de souris magique, il te fait un chèque qui va régler ta facture. Ouf tu n’auras pas froid quand la bise sera venue !!!Enfin, si tu as pensé à faire virer le fric sur ton petit compte qui vivote dans une autre banque en attendant les allocs tous les mois avec juste 100 euros de découvert autorisé. Parce que si tu l’as fait virer sur l’autre, conne que tu es, ben le virement il a été bouffé tout cru illico presto par le compte à découvert, et quand la bise viendra, ben tu vas avoir froid aux fesses….


Donc le mois suivant, cofiescroc ton ami, celui qui aime tes projets et va t’aider à les réaliser, te ponctionne ta mensualité. Mais comme en plus du cofiescroc, t’as aussi le ridicule bonhomme avec du gazon vert partout, et puis un ou deux autres, qui t’aident pour ton projet de payer tes factures, la ponction est conséquente. Et comme tu es déjà dans la merde, alors, le banquier il dit « non non non, tu n’auras pas ta mensualité monsieur cofiescroc et les autres… ». Et paf dans les dents !!! Rejet de mensualité. Et paf dans les dents !!! Frais de rejet de mensualité. Et paf dans les dents !!! Frais de commission d’intervention. Et paf dans les dents !!! A la fin du mois, tu te retrouves avec tes 400 euros d’escroqueries impayées, plus les 200 à trois cents euros, oui tu lis bien, de frais de banque. Et tes yeux pour pleurer s’il te reste des larmes. 

C’était juste pour dire que si tu ne crois pas en Dieu ou une autre puissance là-haut, t’es mal, et ça tombe mal parce que je ne crois en rien de tout ça.



Autre scénario. Tu n’as pas d’emmerdes, voilà comment ton banquier va t’aider :


Cas perso donc.


Tout à coup comme dans vieille pub où un inconnu vous offre des fleurs, l’effet magique héritage, vient à toi. En premier, tu appelles les escrocs et tu leur dis que ça y est tu vas solder toutes leurs merdes. Et là c’est top bien comme ils t’aiment et t’appellent madame Méli-va-pieds-nus que j’aime, que vous êtes merveilleuse de tout régler d’un coup. Et toi tu prends un malin plaisir à juste pas tout donner d’un coup. Juste un petit 1000 euros pour commencer. Une mise en bouche… Et comme en plus tu as ton portable coupé, ton fixe coupé et que t’es pas joignable, le cofiescroc il peut même pas te joindre pour savoir pourquoi t’as pas tout donné d’un coup. Toi tu t’en tu donneras la semaine prochaine. Si t’as envie.
Mais tu sais que tu pourras donner. Et après tu leur feras un gros doigt. 

Puis après, t’écris un joli mot à ta banquière. Celle des frais. Et tu lui dis que ça y est tu es sauvée. Et elle te répond gentiment qu’elle est contente pour toi. Et comme par miracle dans la journée, tous tes frais du mois, sont annulés. Alors tu lui dis que bon en fait le fric tu vas pas le mettre chez elle. Que là tu vas juste mettre ton compte à zéro et après le fermer. Putain d’orgasme pour toi là !!! Depuis, silence radio. 

Et puis, sur ton petit compte, celui de la caf et de la pension alimentaire, celui à 200 euros par mois, tu attends que ça tombe. 

Et là tu vas au guichet. Et tout à fait innocemment tu dis à l’employé qui pendant des années t’as regardé sans te voir, "est ce que par hasard monsieur du guichet, j’aurais eu un virement ce mois-ci ?" Et la le mec qui te regarde mais te voit pas, clique avec sa souris crasseuse. Et dans ses yeux tu vois un « € » qui se dessine petit à petit. Enorrrrrrrrrrrrrme le «€ » !!!! Et là il te regarde et il te voit ! Il sait que tu es une dame puisqu’il t’appelle Madame et même il rajoute Madame Méli va pieds nus !!!!
Tu sens la  panique du :"je fais quoi là tout de suite. J’en tiens une et il faut que je fasse un truc vite fait !" Et hop ! il te propose de prendre un rendez vous avec un chargé de compte.
Ca fait des années qu’on te dit que tu peux pas parce que t’as pas ouvert ton compte dans ce bureau, qu’il faut appeler TON  bureau pour voir TON chargé de compte.
Et là, non seulement, on te propose un rendez-vous, ici même, mais aussi maintenant même !!! 

« Attendez un instant Madame Méli va-pieds-nus, je vais voir si un chargé de compte peut vous recevoir dans la journée. » Avec ta lutine vous jubilez …

Puis, dans les trois minutes chrono qui suivent, on vient te chercher. Si madame Méli va pieds nus, veut bien me suivre, et me permet de la précéder, je vais la précéder au bureau du Directeur de l’agence. LE THE DIRECTEUR THE BOSS, qui est déjà devant la porte de son bureau avec son sourire ultra brite, et ses yeux en « € » lui aussi. Et il s’excuse qu’il y ait du bordel su son bureau !!!
Ahahaha ! Là, tu prévois encore un nouvel orgasme, dans les minutes qui vont suivre. c’est alors un déferlement, que dis-je une diarrhée de guimauve et de flagornerie. Et tu te dis merde qu’est que ça ferait si j’avais juste placé le double ??? Le mec, il te dit qu’il a quatre filles, qu’il a acheté une maison de deux cents cinquante mètres carrés, et qu’il a  cinquante ans et qu’il eu un infarctus cette année.
Pour un peu tu te dirais qu’il te drague. Mais non il a une alliance. Et tu vois son bouton de sa chemise sur son petit bidon de banquier tout fier, et tu vois un centimètre carré de son bidon poilu de banquier tout fier, et t’as envie de lui gerber dessus. Tu lui dis que pas la peine de se branler sur ta jambe (bordel que je suis vulgaire), que tu es fichée à la banque de France, et que tu croules sous les revolvings… Et lui, même pas ça le décourage, il te dit que « on se défiche très facilement de la banque de France, ce n’est rien du tout à faire, sans frais ni pénalités, et que pour les revolving nous faisons des rachats de crédits….et il t'avoue même que les revolvings il a connu ça !!! ». 

Bon comme t’as un peu ton plan dans ta tête. Toi tu présente ton plan, qui est pas tout-à-fait ce qu’espérait le banquier tout fier… Mais de toutes manières là depuis quelques instants, tu es le client qui a du fric, et en plus t’as placé que t’as un salaire pas pourri, si ça ce trouve pas très loin du sien, vu que c’est la poste (je le dis, tant pis). Et aussi tu as dis que tu allais peut-être faire virer ton salaire chez eux, que tu réfléchis parce que tu veux aussi ouvrir un compte ailleurs dans une banque coopérative… Histoire de voir si ailleurs on est pourri de la même façon. Bon là c’est bon pour un autre vrai rendez-vous dans la journée si tu veux, tiens dans une heure si tu veux, pour tout poser sur la table et t’ouvrir tous les livrets de la terre.
Re-orgasme. 

Toi tu fais ta diva,"non finalement tu n’as pas trop le temps cette semaine, tu viendras disons vendredi, on n’est pas si pressé que ça, non ? "

Le banquier tout fier doit te quitter à regret. Il va te raccompagner à la porte de l’agence. Bon il s’excuse de passer devant toi dans l’escalier qui est « mauvais » parait-il… Limite, il fait pas une barrière de son corps de rêve, pour que je ne me frotte pas à tous les turcs, les togolais, les indiens qui viennent faire leurs mandats non stop dans son agence. Il me serre encore une fois la main, une fois en haut de l’escalier, une fois en bas, normal on est pote maintenant !!! La prochaine fois, il me claque la bise…

La lutine et moi, avons poliment attendu d’avoir passé la porte pour éclater de rire. C’est nerveux, parce qu’en fait c’est dégueulasse. C’est vraiment de la merde. Je pense à soeurette qui un jour à craché, vraiment craché, mollardé pour parler chic, sur le bureau de sa banquière, et je me dis que c’est tout ce qu’elle méritait.






samedi 24 septembre 2011

Encore et encore....


Tiens, on dirait que les démons m’ont retrouvée. Pourtant je fais attention, très attention. Mais comme on dit communément Rome ou je ne sais trop quelle ville ne s’est pas bâtie en un jour… Et c’est la même chose pour un compte en banque en piteux état… Il en faut du temps pour remonter une pente… Même en vivant petit, tout petit, en pensant vite à autre chose quand une grosse envie de bouquins surgit, que les rayons du supermarché te font de l’œil.
Ce mois-ci grâce à un  invité surprise aux trois initiales fatales, non pas DSK, mais ATD*, j’ai dû faire le mois avec 600 euros en moins sur mon compte. Même s’il restait encore de quoi vivre, ça n’a pas rendu les choses faciles. Et puis la rentrée des classes, ATD ou pas, ne changera pas ses dates. Moi je le dis si je trouve une valise de billets devant une ambassade, je la prends et je la garde. Et puis, j’ai compris que choisir de ne pas avoir de médecin référent c’était possible mais quand on est en bonne santé. Parce qu’au premier pépin, tu comprends ta faute. Et puis, Ken qui a fait l’avance des frais d’achat de matériel de cuisine pour la rentrée du nounours chamallow, ne m’en a pas fait cadeau. Une bonne coupe franche sur la pension dont je n’ai pas vu la couleur depuis juillet. Il faut dire qu’une valise de couteaux à 200 euros, c’est déjà les 4/5ème de la pension. Si on y ajoute les tabliers, toques, plus la tenue correcte exigée en cours donc pas de jean et pas de baskets, ben on dépasse les 250 euros de pension de juillet et on entame bien ceux d’Aout. Quant à l’ARS**, quand l’enfant dépasse les 16 printemps, on ne la donne que moyennant certificat de scolarité qui vient juste de me parvenir. J’ai beau savoir que je serai contente quand elle tombera sur mon compte de la poste en attendant je ne peux pas mettre la famille dans un congélateur et dire on se dégèlera le mois prochain…
Cette semaine j’ai dû annuler mes rendez vous, kiné et ostéo pour causer de carte muette. Et j’ai déployé des tonnes d’imagination pour nourri les zados affamés. Chaque jour l’œil rivé sur mon compte en surveillance permanence su le net. Un remboursement de la sécu et hop je suis sous le plafond de ma carte. Hop je file ( façon de parler, vu l’état de mon dos) à l’épicerie du coin, faire trois courses. Un prélèvement et hop je suis au-dessus du plafond et je racle les fonds de placards pour inventer une recette d’endives braisées aux lardons avec deux tonnes de fromage rapé. Finalement c’était une bonne idée d’acheter le maxi-big paquet de lidl quand je le pouvais.
Demain soir les deux ados partiront chez Ken. Je n’aurais plus que moi à nourrir. Dans 4 jours le salaire tombera sur mon compte. Et je pousserai un énorme ouf de soulagement… Je pourrai refaire des provisions pour le mois d’octobre que je me souhaite plus clément. Ces quelques jours on comme un air de déjà vu…

* ATD : avis à tiers détenteur
** ARS : Allocation de rentrée scolaire